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Edition du 23/02/2010
 
BENIN/SANTE : Tuberculose : une maladie qui se guérit
Par Ange-Joël TOFFOUN

Parakou, 22 Fév. (ABP) - Les récentes statistiques du Pnt, programme national de lutte contre la tuberculose révèlent que la tuberculose se guérit au Bénin. La  double offensive de combinaison  thérapeutique arrive à bout de cette maladie, racontent les médecins du Pnt.

Les résultats paraissent bien encourageants. Voyons: 2409 cas de succès thérapeutique sur 2770 malades souffrants de la tuberculose ont été enregistrés en 2008.  Soit un taux de 87% de réussite. Un palmarès qui varie sensiblement d'une région à une autre.

Dans les départements de l'Ouémé et du Plateau, sur 557 malades de tuberculose, 512 succès thérapeutiques ont été obtenus. Un résultat sensible a été enregistré dans les départements du Mono et du Couffo où sur 455 patients de la tuberculose, environ 410 ont recouvré la santé.

La tuberculose n'est plus une maladie fatale aussi dans les départements du Zou et des Collines. Là, sur  304 patients en 2008,  271 patients ont recouvré la santé.  Dans les départements de l'Atlantique et du Littoral où le nombre des malades est plus élevé, 1045,  86% des patients sont déclaré sains après leur contrôle. Soit environ 899 cas de succès thérapeutiques.
 
Dans les départements de l'Atacora et de la Donga où le nombre de malades souffrant de la tuberculose est le plus faible, 147 patients, 81% de succès thérapeutiques ont été obtenus. Soit 120 malades ont recouvré leur santé. Dans les départements du Borgou et de l'Alibori, sur les 262 patients, 79% cas de succès thérapeutiques ont été obtenus. Soit 207 patients à l'abri de la tuberculose.

 Ces résultats sont selon le médecin d'appui au programme de lutte contre la tuberculose des départements du Borgou et de l'Alibori, Rafiou Baguidi, le fruit d'une stratégie très offensive contre la maladie. Il s'agit selon lui, d'une double offensive faite de médicaments de première ligne et de seconde ligne mise en branle grâce à l'appui financier du Fonds mondial. Un appui qui a permis, à l'en croire, le renforcement des ressources humaines et la prolifération des points focaux, de même que les ravitaillements en quantité suffisante des molécules. Le taux de décès ne sape pas le taux de succès thérapeutique.

Le pourcentage de décès est dérisoire par rapport au taux de succès thérapeutique. Selon les chiffres du programme national de lutte contre la tuberculose collectés auprès du point focal de Parakou, sur les 2770 malades, environ  101 sont passés de vie à trépas.

 La consultation tardive, la non observance du traitement et la contamination par des germes résistants sont à l'origine de ces décès, a souligné le Docteur Rafiou Baguidi.

A en croire  Rafiou Baguidi, il faut parfois un parcourt de combattant pour aider les malades négligents et rétifs aux traitements à prendre leurs médicaments. Il raconte que c'est son calvaire quotidien. A l'entendre, un malade qui ne prend pas régulièrement ses médicaments est plus dangereux pour son environnement que celui qui observe scrupuleusement le traitement. Toujours selon ses explications,  celui qui fait des jours avant de prendre ses molécules émet des germes résistants, rebelles à tous les autres traitements. C'est pourquoi, a-t-il dit, il est toujours en concertation avec le centre de santé le plus proche, la famille du malade, la communauté, les autorités policières et politique pour contraindre les malades à observer le traitement. Le docteur Rafiou Baguidi, raconte que tout récemment, il a reçu un malade qui est décédé deux jours après sa mise sous traitement. La cause selon lui, c'est que le malade n'est pas vite arrivé en consultation. Donc le diagnostic est tardif.

Le plus souvent les malades de tuberculose reçoivent un traitement d'environ six mois de première ligne faite d'une combinaison de quatre antituberculeux. A savoir : Rifampicine, Pyrazinamide, Ethambutol, et Isoniazide. Cette association de molécules est selon le docteur Rafiou Baguidi une forme d'offensive à larges spectres contre les différentes formes du virus.

La streptomycine est un autre médicament, mais de seconde ligne. On fait recours à cette molécule en cas d'échec thérapeutique. Selon ses explications, la durée du traitement de deuxième ligne est d'un an et est faite d'injection quotidienne et d'administration de molécules. Elle se fait exclusivement à Cotonou.

Le rêve de voir un jour la tuberculose disparaître du Bénin n'est pas une utopie selon le docteur Rafiou Baguidi. Pour lui, si l'offensive actuelle se maintient et s'intensifie de plus belle avec davantage d'actions  de proximité, la tuberculose sera annihilée du Bénin.

Les acteurs du programme national de lutte contre la tuberculose, Pnt, compte sur la volonté politique du Bénin mais aussi sur le renouvellement de l'appui financier du Fonds mondial pour bouter hors des frontières béninoises cette maladie.

ABP/TAJ

 
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