Porto-Novo, 10 Mars (ABP) - « On ne naît pas femme, on se fait femme », ont lancé en guise de slogan mardi, les filles du Lycée Toffa 1er de Porto-Novo, à la faveur d'une rencontre de sensibilisation organisée par la section du Bénin du Réseau des femmes africaines ministres et parlementaires (Refamp).
Cette séance qui se tient pour inciter les filles au travail et à la prise de conscience de leur part, s'est tenue dans l'enceinte du lycée. Elle a eu lieu dans le cadre de la célébration de la journée internationale de la femme dont le thème national est : « l'autonomisation des femmes, la réduction de la pauvreté comme stratégies de lutte contre les violences faites aux femmes ». Cette autonomisation revêt 4 éléments caractéristiques, à en croire les promoteurs de ce réseau. Il s'agit de l'accès à l'information, la démarginalisation par la participation, la responsabilisation, et la capacité organisationnelle.
La présidente du Refamp, Karimou Rafiatou , a invité les lycéennes à honorer la mémoire des femmes disparues dans l'accident qui s'est produit au nord du Bénin. Ce drame a coûté la vie à six personnes parmi lesquelles se trouve l'ancien ministre Véronique Ahoyo. Devant ces élèves de la sixième en terminale, l'ancien ministre des Enseignements primaire et secondaire a débattu des questions liées, par exemple au sida et à la grossesse en milieu scolaire.
Abondant dans le même sens, l'ancien député Béatrice Symphorose Lakoussan, a rappelé les diverses formes de brutalités dont sont victimes les femmes. Le viol, les violences physiques, psychologiques ou affectives, les mariages forcés, a-t-elle énuméré avant d'ajouter que « ces violences ne permettent pas le développement ». Mme Béatrice Lakoussan, une ancienne élève de ce lycée, autrefois appelé le Collège moderne des jeunes filles, pense que le travail des femmes n'est pas valorisé comme cela se doit. Mme Lakoussan qui est de la promotion 1958-1959 de ce lycée, trouve que les 80% des victimes de violences sont des femmes.
Tout en faisant référence aux femmes conseillères appelées ‘ Tangninon ‘ dans nos coutumes, cette ancienne membre de la grande instance de régulation des médias au Bénin (Haac), affirme que « la colonisation française a fait plus de mal à la femme africaine ». Car, soutient-elle, les ' Tangninon' détenaient une place privilégiée dans notre société au point où les hommes sollicitent leur savoir-faire sur certaines questions préoccupantes.
La porte-parole des filles, Isaora Takiti (en terminale A2) a salué l'initiative de ces femmes personnalités, tout en promettant, comme ses collègues de mettre en pratique les conseils reçus.
ABP/CA