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Edition du 20/07/2010
 
ATACORA/ CINQUANTENAIRE DE L'INDEPENDANCE : En 50 ans, Natitingou s'est progressivement paré des atours d'un chef-lieu

(Par Toussaint GBAGUIDI)

Le cercle de l'Atacora  a été créé le 22 Juin 1910 par l'Arrêté Général N°149 du 24 juin 1913 ; Boukoumbé était le chef-lieu et monsieur HUMMEL avait été nommé commandant du cercle. Le 30 juin 1915, le cercle de l'Atacora sera découpé en quatre entités appelées subdivisions. L'Arrêté local n°1316 du 26 août 1932 fait de Boubombé un poste administratif dépendant de Natitingou, le nouveau chef-lieu de fait du cercle, en raison des hostilités avec le Togo alors sous protectorat allemand. Il a fallu attendre l'Arrêté Général du 11 mai 1955 pour officialiser le transfert du chef-lieu à Natitingou.

Immédiatement après l'accession de la colonie du Dahomey à la souveraineté internationale en août 1960, le décret n°291 du 21 octobre 1960 du gouvernement MAGA subdivise le territoire de la toute naissante république du Dahomey en six régions appelées départements et fixe leur ressort territorial. Boukoumbé, Kouandé, Natitingou et Djougou sont regroupés dans le département du nord-ouest qui sera appelé province de l'Atacora pendant la période révolutionnaire, puis département de l'Atacora depuis le renouveau démocratique.  

Selon M. Amadou Ifègnigué, enseignant en éducation physique et sportive à la retraite, trois partis politiques dominaient la vie politique à Natitingou.

Sourou Migan Apithy, Hubert Maga, Ahomadegbé Justin, Emile Derlin Zinsou, Ignacio Pinto, Maximilien Quenum, y étaient connus.

A cette période, les infrastructures étaient beaucoup plus concentrées dans les environs du marché avec les quartiers Djindjiré-Béri, Yokossi, Bagri et Santa qui ont connu un certain niveau de développement grâce auxdites infrastructures.

Le centre météorologique, les travaux publics, le stade, l'école urbaine centre, la pharmacie, la boucherie, étaient antre autres infrastructures dans l'emprise du marché où se trouvait une source naturelle d'eau qui abreuvait les paysans et les usagers dudit marché. La pharmacie était au niveau de l'actuel Centre National de Sécurité Sociale (CNSS) et l'actuel camp militaire était le collège d'enseignement général, lequel collège a connu deux différents sites.

Du camp militaire à la CIP, une infrastructure construite par les colons pour l'approvisionnement en produits vivriers et autres, puis à actuellement au collège d'enseignement général 1 de Natitingou (CEG 1). Le campement de Natitingou, actuel Hôtel Bourgogne, la prison civile, le camp marié de la gendarmerie étaient tous dans l'enceinte du marché, lequel est en face de la Société Dahoméenne d'Electricité et d'Eau en charge  exclusivement de la distribution d'énergie énergie électrique. La brigade de gendarmerie était une veille maison dans l'enceinte de l'actuelle compagnie de gendarmerie. La maison des combattants, dans l'enceinte du parc-autos entretemps, est actuellement le siège de la Radio locale Nanto FM de la ville sans oublier le tribunal qui jouxtait l'hôtel Bourgogne,  l'hôpital (de zone) avec sa maternité et ses salles d'hospitalisation et les autres blocs administratifs construits après 1960, les grandes endémies et les hospitalisations des malades, la sous-préfecture ou actuelle mairie, le bâtiment de l'adjoint à l'administrateur colonial (aujourd'hui centre d'éveil et de suivi des enfants CESE), le logement du médecin-chef, la résidence de l'administrateur des TP et plusieurs autres infrastructures coloniales comme le logement du Docteur chirurgien expatrié, la résidence de la mission médicale chinoise, la résidence du directeur départemental de la santé, les bureaux de l'ancienne préfecture et de la résidence du préfet, actuellement le musée de Natitingou,  etc.

Aujourd'hui, la ville de Natitingou qui a bénéficié des bureaux de Préfecture depuis le découpage de 1960, avec progressivement, des infrastructures inhérentes à son rang, s'est élargie aux quartiers Boriyouré. Ce quartier abrite les collèges d'enseignement général 2 et 3, l'ancienne station thermique de la SBEE, les bureaux et logements du chef secteur agricole (ex-Carder), l'école primaire publique du quartier. Les missionnaires ont beaucoup plus investi à Djindjiré-Béri et en partie à Bagri où se trouvent les résidences des anciens présidents de la république : Mathieu Kérékou et feu Maurice Kouandété. A Tchirimina, un autre quartier de Natitingou, le service  des eaux et forêts et la résidence du directeur départemental de l'environnement et de la protection de la nature ont très tôt attiré les populations qui sont venus grossir le quartier. Ce quartier continue de s'étendre avec l'installation des sapeurs pompiers et des sœurs catholiques qui y ont érigé des infrastructures sociocommunautaires. Il en est de même des quartiers Sotchirantikou, Sossouna, Bongomou, Kantchagatamou et Dassagâté avec leurs infrastructures et ses hôtels, le cimetière sans occulter l'usine de décorticage de riz du quartier Kantaborifa.

L'élargissement de la ville vers l'Est est l'œuvre des missionnaires catholiques du centre Saint Paul qui étaient les premiers à s'installer dans la zone. Au quartier Ourbona, se dresse le collège d'enseignement technique (CET), le collège d'enseignement technique agricole (CETA) se trouve à Bérécingou à l'entrée Sud de la ville qui connaît aujourd'hui un rapide essor démographique avec l'installation de la nouvelle centrale thermique de la Société Béninoise d'Electricité et d'Eau (SBEE). La ville est aussi caractérisée par sa maison des jeunes sise à Kantaborifa, le Foyer Abdoulaye Issa à Winkè, l'hôpital modulaire et l'hôtel ‘'Les Rôniers'', le Foyer des jeunes des filles et la maison TV 5 construite par les Belges à travers le partenariat Natitingou-Huy à Ourbouga et le lycée militaire des jeunes filles à Yimporima, un nouveau quartier résidentiel de la ville. Toutes les directions départementales ont leurs infrastructures érigées dans la ville.

Depuis 1960 à ce jour, 18 administrateurs se sont succédé à la tête de la préfecture de Natitingou. Quant à l ville elle-même, autrefois ancienne Circonscription urbaine, elle a bénéficié de l'avènement de la décentralisation.

Les toutes premières élections communales dans l'histoire de la décentralisation ont porté à la tête de la Commune M. N'DA Antoine N'daqui est resté comme Maire de la période de Février 2003 à Février 2005. Il a été succédé par le colonel à la retraite M. Adolphe BIAOU.

Tous deux sont membres d'un Conseil Communalqui compte 15 membres. Le conseil communal a un mandat de cinq ans.

Encadré

La ville de ceux qui écrasentVille des montagnes et des Tatas, Natitingou tient son nom du mot « Nanto » qui signifie « l'homme qui écrase » en langue locale Waama. Au fait, la chaîne de montagnes qui entoure la région à l'Est et à l'Ouest, était habitée par les esprits que certains appelaient « fétiches ». Ces esprits, pendant la soirée, émettaient des bruits semblables à ceux que produisent les meules sur lesquelles les femmes écrasaient des céréales pour les repas. Il était d'ailleurs interdit à toute femme d'écraser les céréales dans la soirée, pour éviter toue  confusion entre les deux sons. A cause de ce phénomène, la région a pris le nom de Nantibatingou, en Waama ce qui signifie « le pays de ceux qui écrasent ». Ce nom a été déformé plus tard en Natitingou par les missionnaires blancs, aux environs de 1830. Mais celui qui a développé plus tard Natitingou a ses origines à Kouyingou (actuel région de Yétapo, Kouandata, Perma et Yimporima). 

En effet, un Datawo de Kouyingou se rend à Kounassayingou au Sud de Péporiyakou (actuel quatrième arrondissement). Son hôte, un Dassawo, roi de la localité lui donna une femme en mariage. De leur union va naître un fils qui sera appelé « Nanto » pour signifier que son papa du nom de N'Tcha auparavant célibataire, écrasait lui même ses céréales. C'est ce fils qui a développé Natitingou. N'Tcha et son fils Nanto reposent à Kouyingou.

ABP/GT

 
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