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Edition du 23/07/2010
 
BORGOU-ALIBORI/CINQUANTENAIRE DE L'INDEPENDANCE : Kandi, la vie associative comme tremplin

Par Bio Nikki Soulé Anafi

Comment Kandi, la métropole de l'Alibori a vécu de 1960 à 2010 ? Qu'a apporté l'accession à la souveraineté internationale du Bénin à cette ville ?  Bio Salifou Séidou, septuagénaire, enseignant à la retraite, président de l'Association pour le développement économique social et culturel « IRI BONSE », fait un voyage dans le temps.

ABP : Bientôt 50 ans que le Bénin notre pays à accédé  à son indépendance, quel bilan peut-on faire sur le développement de Kandi surtout au plan social ?1er Août 1960, était un grand évènement salué par tout le peuple béninois. Ce jour tout le peuple, était en éveil quand à minuit l'annonce a été faite par le premier président Hubert K. Maga.

Il se fait qu'au plan social, le peuple étant en majorité analphabète ça ne lui disait pratiquement rien. Seuls les hommes politiques savaient ce dont il était question. Mais eux voyaient leur avenir devant eux. Un avenir qu'ils pourraient exploiter à leur fin.

Après la proclamation de l'indépendance, le gouvernement a été formé. Il y avait trois partis. Il s'agit des partis d'Hubert Maga, de Justin Tomètin Ahomadégbé et de Sourou Migan Apity, auxquels s'est ajouté le parti de Zinsou.

Donc, petit à petit, on a commencé par introduire cette notion d'indépendance dans la tête des populations et les leaders d'opinions ont commencé à constituer des regroupements. Surtout, à la veille des scrutins au moment des campagnes, ils distribuaient du sel, un peu d'argent aux chefs traditionnels et aux chefs quartiers, sollicitant leurs suffrages. Ce qui faisait naître des querelles inutiles.

Les difficultés sociales sont toujours demeurées les mêmes. Face à cet état de chose, les jeunes élèves et étudiants ont commencé par se mettre dans le jeu à travers des dénonciations pour éveiller la conscience de leurs parents analphabètes en majorité. Ses jeunes dont les bourses étaient coupées devraient se débrouiller seuls. Ce qui était très difficile.

ABP: Quelle était la situation au plan des infrastructures de la santé ? Il y avait très peu de dispensaires dans l'actuel département de l'Alibori. Un ou deux au plus. Un à Kandi-centre, un à Banikoara et un à Gogounou. Aujourd'hui, il y a  des hôpitaux. Rendons grâce à Dieu.

ABP : Et au plan politique, qu'est-ce qui se passait ? Non, les jeunes décriaient leurs aînés. Mais lorsqu'ils arrivaient à se hisser, ils faisaient pires qu'eux. Ils créaient vraiment de la confusion au sein des populations. Jusqu'à ce jour, c'est la division au sein des populations et cela, du fait des hommes politiques. C'est  le statu quo.  Les gens vont en politique pour leurs intérêts en oubliant la grande masse qu'ils sollicitent en cas de besoin.

ABP : Kandi regorge de cadres, mais patine. Justement, parce que les politiciens ne songent pas au développement de Kandi. C'est ce que je disais tantôt. Quand ils trouvent ce qu'ils veulent, ils oublient leur localité. Pis, après  la retraite, des cadres n'aiment pas revenir. Avec ça il ne peut pas avoir développement. La période révolutionnaire que les gens décriaient aurait permis de faire l'unité des populations  elles-mêmes, car les Kandiens (les habitants de Kandi Ndlr) parlaient d'une seule voix à ce moment et le pouvoir était donné effectivement au peuple. Si on veut prendre une décision au plan national, on revient à la base pour demander l'opinion du peuple. Mais les droits de l'homme n'étaient pas respectés comme aujourd'hui. Car les forces de l'ordre régnaient en maître avec des emprisonnements abusifs.

ABP : Vous faites partie de ceux qui font la promotion du développement de Kandi à travers  l'association de développement culturel social et économique de Kandi IRI BONSE. L'association émane des initiatives pour faire face aux problèmes qui se posaient dans la localité pour amorcer le développement. A La veille des indépendances déjà, les commis expéditionnaires qui sont dans le bureau ont eu  l'idée de trouver les moyens pour corriger les insuffisances au niveau de Kandi.  A savoir le manque criard d'eau, d'infrastructures sanitaires.

Il a fallu l'augmentation des taxes par les colons, qui était sur le point de partir, soutenus par l'association pour le développement et la modernisation pour que  nous ayons le puits de Kandifô qui est devenu une source d'approvisionnement de la SBEE. C'est ainsi que les bornes fontaines ont été implantées dans les quartiers et des le marché.

ABP : Généralement, qui parle d'hydraulique, parle aussi d'assainissement. Qu'est-ce qui était fait pour la sauvegarde l'environnement ? Au plan environnemental, il y avait un véhicule qu'on appelait « SOUSIP» Souscription Indigène de Provenance ce qui permettait d'éloigner les tas d'ordures de la ville. Il y avait des dépotoirs autour du marché et dans les quartiers.
Après la période révolutionnaire est venue la période de la démocratie qui permettait tout au moins la libre association. Qu'est ce que votre association a pu faire pour Kandi ? Non ! La démocratie à toujours existé dans note pays. Mais son niveau est fonction de celui du  développement. Si je le dis, c'est parce qu'auparavant, les chefs traditionnels réunissaient les notables tous les vendredis pour parler des problèmes de la localité. Ça c'est la démocratie.

ABP : De 60 à nos jours Kandi a connu plus d'une association de développement. ADMK puis SOUTIGNINA  et enfin IRI BONSE. Pourquoi cet engouement pour la vie associative ?
Il y a eu premièrement ADMK (Association de développement pour la modernisation de Kandi), puis SOUTIGNINA « Défendons-nous ». Ce n'est qu'après qu'est venu IRI BONSE
C'est l'association qui a permis de prendre contact avec l'extérieur et d'obtenir des aides. Sur  ce plan, beaucoup de choses ont été réalisées. Cette association était créée dans l'esprit d'améliorer les conditions de vie des populations, de leur apporter une aide. Tout au début, les partenaires aux développements, notamment la France, nous ont aidés.
L'association a œuvré pour la mise en place des terrains (de football, de handball, de basketball). Des dispensaires dans presque tous les villages et la création de la Maison familiale rurale (MAFAR). Entre temps, il y avait quatre grands problèmes à savoir : l'eau potable, l'électricité, le lotissement, le cinéma. L'association a permis de régler tant soit peu ces problèmes. Elle a permis d'avoir des classes de 2nde toutes séries confondues à Kandi alors qu'auparavant, après le BEPC les élèves devaient aller à Parakou pour continuer les études.

ABP : Quels sont vos regrets au niveau de l'association ?Les gens viennent dans l'association pour se positionner c'est-à-dire ils font de l'association un tremplin pour avoir des postes. Dès qu'ils passent, on les invite, ils ne viennent plus. C'est ce qui a endormi l'association.

ABP : Avez-vous un message  pour les jeunes ? Je les appelle à l'union car ils sont divisés par les hommes politiques. Divisés, ils ne pourront rien faire  de concret. Ils se doivent de consulter les aînés, afin de relever le défi de développement de leur temps.

ABP/BNS
 
 La liste du personnel de commandement de la commune de Kandi  de 1960 à ce jour
 
1- SAINT BLANCAT Marcel  Sous/Préfet (S/P) Administrateur en chef 1960

2-PAVIE Pierre  S/P Adjudant chef Génie militaire 1961 au 02/08/1962

3-KARIMOU Mamadou  S/P  Instituteur 16/08/62-20/04/62

4-BOUSSARI TAOFIQUI Corneille  S/P Administrateur civil 20/03/64-05/05/65

5-JOSSA JOUABLE Pierre   S/P Administrateur-Adjoint 02/03/65-05/05/65

6-BEGO CODJO Hilaire  S/P Administrateur Adjoint 05/05/65-28/01/66

7-OUASSA   Albert   S/P Administrateur 28/01/66-15/08/66

8-SEDOLO Michel  S/P Administrateur 16/08/66-28/09/66

9-BABONI Barka   S/P Administrateur 29/09/66-08/03/68

10-YERIMA Pierre S/P Administrateur 13/03/68-30/04/68

11- IMOROU ABDOU Somba S/P Agent de bureau principal 30/04/68-10/07/68

12-BABONI Barka   S/P Administrateur 10/06/68-31/10/68

13-DOBOSSOU Raphaël  S/P Inspecteur de travail 31/10/68-31/05/70

14-BONI PEDRO Salifou  S/P Instituteur 01/06/70-15/11/72

15-GLELE AGBIDINOUKOUN Robert S/P Administrateur adjoint 19/11/72-15/02/74

16-QUENUM Marius S/P Administrateur civil 16/02/74-31/05/74

17-DOKO Sévérin Chef district Inspecteur de travail 01/06/74-30/08/74

18-GANDEMEY Stanislas Chef de District (C/D) Ingénieur d'Agriculture 30/08/74-06/02/76

19-DOSSA René   C/D Journaliste 07/02/76-29/06/78

20-HOUNHANOU Patrice  C/D Instituteur 29/06/78-18/11/81

21-MASSIM OUALI R.B.  C/D Instituteur 18/11/81-06/05/82

22-AKOGBETO Valentin  C/D Instituteur 06/05/82-11/04/86

23-OROU TOKO Y. Roger  C/D Administrateur civil 11/14/86-14/05/90

24-ZIME Abdoulaye Chef de circonscription urbaine (CCU) Contrôleur de travail 14/05/90-25/09/95

25-SARRE DJORI Worou  CCU Administrateur civil 25/09/95-26/08/96

26-TOURE NOUHOUN Issa   CCU Professeur certifié 26/08/96-18/02/03

27-SEIDOU Alassane  Maire Médecin 2003-2006

28-CHABI TOKOU Dari   Maire Instituteur 2006-2008

29-Boubacar O.OUEDRAOGO   Maire Colonel 2008 ----

 
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