(Par Ange Joël TOFFOUN)
Parakou, (ABP) - la métropole du septentrion avait célébré le 1er Août 1960, sans électricité et sans eau potable. Deux sages de la ville, Moussé Alassane et Lolo Chidiac, parlent de l'époque et de ce qui pourrait être considéré comme l'héritage physique de la colonisation.
En 1960, pendant que le Bénin accédait à la souveraineté internationale, la ville de Parakou et les 13 autres communes des départements du Borgou et de l'Alibori étaient encore presque sans électricité et eau courante, selon des témoins de l'époque.
Selon Moussé Alassane, un septuagénaire, en 1960, pendant que le Bénin accédait à la souveraineté internationale, la ville de Parakou et les 13 autres communes des départements du Borgou et de l'Alibori étaient encore presque sans électricité et eau courante, a témoigné au cours d'un entretien privé un sexagénaire, M. Moussé Alassane.
Selon Moussé Alassane, un septuagénaire, il y avait un petit groupe électrogène qui alimentait la résidence des Bancs, les services administratifs et le domicile des hauts fonctionnaires.
Les nantis utilisaient une lampe communément appelée lampe « Tito », selon le conseiller Lolo Chidiac. Il s'agit d'une lampe à mèche qui s'illumine à pétrole que seuls les riches utilisaient à cause de sa consommation en pétrole et de son coût. Aujourd'hui, la ville de Parakou (environ 200000 habitants) compte 17620 abonnés au réseau électrique de Société béninoise d'électricité.
Pour ce qui concerne l'eau, la plupart des habitants s'abreuvaient d'eau de ruissellement. L'eau de puits n'étant réservée qu'à ceux qui avaient un peu de moyens.
Les populations de Parakou ont commencé par avoir accès à l'eau potable et à l'électricité à Parakou bien après 1960. Ce qu'a confirmé le directeur adjoint de la direction régional de la Société béninoise d'électricité du Bénin (Sbee), M. Bienvenue Dégbégni.
Selon lui, l'avènement de l'électricité remonte au plus tôt à l'année 1963, soit trois ou quatre ans après l'accession de notre pays à la souveraineté internationale.
Sans eau et électricité, Parakou vivait quand-même. Il existait des associations de type récréatif (orchestre pour se divertir), selon M. Moussé Alassane. Au plan politique, les partis politiques se comptaient du bout des doigts. Rien à voir avec la prolifération d'aujourd'hui, ironise-t-il.
Cependant dit-il, le nord ne manquait pas pour autant d'hommes politiques, a t-il souligné, citant Hubert Maga qui était un leader politique de Natitingou, Paul Darboux, député de Djougou à l'Assemblée nationale, Mora Lafia, député de Kouandé à la suite des élections législatives des 02 et 23 avril 1957.
Au fil du temps, les Parakois ont dû transformer la nature pour s'installer. On raconte qu'en 1960, l'actuel rond point de la Coop où se situent la plupart des banques à Parakou était une mare aux crocodiles. Pour joindre facilement la zone de la préfecture avec la route de Malanville, il a fallu monter des dalles sur pilotis et remblayer, affirme Moussé Alassane.
Les reliques de l'époque sont encore visibles. Il existe encore aujourd'hui non loin de ce carrefour des retenues d'eau qui cachent des caïmans.
La première voie bitumée de Parakou est l'axe reliant la préfecture à la sortie nord (route de Malanville), tandis que la recette perception a été le premier service déconcentré installé.
Les bâtiments coloniaux sont : la préfecture, la résidence du préfet, l'hôpital, la résidence des hauts fonctionnaires.
Le préfet Ali Yérima (1968-1973) a la réputation d'avoir entrepris de grands travaux de construction de bâtiments et de réfection de la préfecture, de la résidence et de l'hôpital. La clôture de la résidence du préfet a été achevée par le préfet, M. Zourkarneyni Toungouh (1996-2005).
Encadré
Les préfets du Borgou de 1960 à nos jours
1960 - 1962 : Saint Blancat Marcel, Administrateur France Outre Mer
1962 - 1963 : Bandera Robert, Administrateur Civil
1963 - 1964 : Hacheme Jean Baptiste, Officier de l'armée
1964 - 1968 : Karimou Mamadou, Administrateur Civil
1968 - 1973 : Yérima Pierre
1973 - 1974 : Viho Expédit, Administrateur Civil
1974 - 1980 : Boco Ignace, Professeur
1980 - 1982 : Déguénon Cosme, Agent Technicien en DPT Rural
1982 - 1984 : Alavo Jean Didier, Professeur
Août 1984 - Février 1988 : Gandonou Codja, Officier de l'Armée
Février 1988 - Mai 1990 : Sambo Mama Souley, Officier de l'armée
Mai 1990 - 18 Septembre 1995 : Kpédé Pascal Gabriel, Administrateur Civil
18 Septembre - 06 Juin 1996 : Boni Alphonse, Administrateur Civil
O6 Juin - 12 Juillet 1996: Zimé Mako Boni, Administrateur
12 Juillet 1996 - 14 Août 2005 : Toungouh Zourkarneyni, Administrateur Planificateur
14 Avril 2OO5 - 29 0ctobre 2008 : Alassane GADO, Administrateur du Travail
Depuis le 29 Octobre 2008 : Ali Yérima Dénis : Administrateur Civil.